Rester Zen : quel challenge en notre époque !

 

Tant de méthodes existent aujourd’hui pour nous apprendre à :

  • Respirer (parce que notre cerveau archaïque ne sait peut-être plus le faire)
  • Dormir (parce que notre corps est traversé et réveillé en continu par toutes sortes d’ondes possibles et imaginables)
  • Se nourrir (parce qu’on ingurgite des substances qu’on n’aurait même pas imaginé ingurgiter il y a encore 1 siècle)
  • Calmer son esprit (parce qu’on est survolté avec 1000 pensées à la minute, et excité en permanence par le digital)
  • Apprivoiser ses émotions (parce qu’on est devenu esclave de tout ce qui se passe dans la vie en société)
  • Rester en bonne santé et heureux (rien que ça).

La bonne nouvelle, c’est qu’on sait s’adapter. On ne s’en sort pas si mal que ça finalement. Et même si on n’applique pas à la lettre toutes les sagesses, on constate qu’on ne se retrouve pas toujours au bord du gouffre. Les préceptes du Zen, pour ceux qui les pratiquent individuellement, semblent donc utiles pour ne pas arriver dans l’impasse totale de la vie.

Comment être Zen en toute circonstance avec les autres

 

Alors, qu’est-ce-qui se passe en dehors de la pratique de Zen qu’on peut se ménager tranquillement seul entre 4 murs ? Quand on est directement confronté à des situations difficiles ? Quand la sérénité et le calme ne peuvent pas être maintenus ? Quand on est avec des personnes hostiles, voire toxiques ?

 

C’est à ces questions précises que je souhaite répondre ici : car il est vrai que penser à être Zen dans un environnement tendu en pleine crise interpersonnelle, c’est carrément difficile.

 

Dans l’étape avant d’en arriver là, il y a une période dans laquelle les relations sont progressivement tendues mais pas encore critiques ou continues. Pour vous éclairer sur ce qui est possible dans cette période-là, je vous conseille de lire un article d’Olivier Roland : ” Le secret du bonheur interpersonnel : voir le bon côté “. C’est un super article, très bien synthétisé.

Une fois arrivé dans la crise continue ou à son sommet (toujours digne d’un conflit israélo-palestinien pour ceux qui les vivent), il y a des émotions et des énergies à gérer. La colère, la frustration, la haine, l’envie de vengeance et d’autres de la même veine fusent avec l”agressivité, la destruction, la froideur et la dureté. Il faut reconnaître qu’il y a une tension meurtrière sous-jacente ou avérée, passive ou active.

A cet instant-là, un être humain normalement constitué ne peut pas appliquer sur le champ toute la sagesse Zen. Il ne pensera pas à appliquer les techniques respiratoires pour gérer le stress. Il ne va pas démarrer la méditation. Il ne va pas chercher à voir le bon côté de l’ennemi. Il ne va pas ressentir la compassion universelle intégrale circuler entre eux dans l’absolu. Non, c’est surhumain ! S’il y en a qui y arrivent, ils sont rares et admirés. Tout le monde n’a pas eu la chance d’être entraînés comme les moines centenaires dans l’Himalaya.

Les 3 secrets sont 3 outils concrets

 

Voici donc 3 secrets que je chéris, et qui m’ont maintes fois sauvé la vie (et je n’exagère pas). Je les nomme “secrets” parce que quand je les annonce comme des outils concrets, certains sont surpris et n’y croient pas. Mais ce sont des VRAIS outils, qui sont applicables, efficaces, et indispensables pour éviter des guerres épuisantes à long terme.

Renoncez à l’envie d’avoir raison

 

C’est le plus dur à faire car avoir raison est le moteur d’une guerre. Je vous conseille de renoncer à l’envie d’avoir raison par l’action. Mais comment ? Vous laissez l’autre parler, insinuer, hurler, crier, insulter, vous provoquer… et pendant ce temps, vous pensez juste à autre chose à fond. C’est comme quand vous laissez parler un gentil bavard qui vous saoule un peu, et que vous l’écoutez en jouant sur votre portable. Dans une situation de conflit, ne sortez tout de même pas votre portable car la réaction de l’autre va empirer. Mais concentrez-vous pour réfléchir à autre chose (organisation des prochaines vacances, revoir la To Do List en cours, entraînement au calcul mental… ) et n’écoutez plus du tout ce que dit votre ennemi. Si l’envie d’avoir raison vous démange, trouvez une consolation alternative pour plus tard : des proches qui vous comprennent, ou la foi en la justice divine. Ne passez plus par le chemin de votre ennemi pour avoir raison.

Utilisez la force d’imagination

 

L’imagination est l’arme absolue quand elle est utilisée avec précision. Certains imaginent la tension qui baisse, la colère qui s’apaise, l’entente qui revient. Mais sur le champ du conflit face à face, cette imagination ne provoque pas un effet immédiat car c’est imaginer un “miracle”. Vous pouvez cependant utiliser cette imagination-visualisation en dehors du face à face sur le long terme : ça aide.

L’idée est plutôt d’utiliser l’imagination pour changer d’énergie. Comment ? Vous allez d’abord regarder votre ennemi et l’imaginer en train de faire caca. Oui, aux WC, dans la nature, comme ça vous plaît. Vous pouvez rire à fond intérieurement. Rire extérieurement provoquerait l’ennemi. Imaginez tous les détails en le regardant, et laissez-vous emporter par cette imagination. C’est comme si vous aviez accès à un super pouvoir de voir la vérité sur un film superposé à la réalité. Une fois que vous avez bien imaginé cela et que votre propre énergie a changé un peu, imaginez ensuite l’ennemi à l’âge de 3 ou 4 ans. Oui, imaginez un enfant en pleine crise : rien de grave pour vous qui êtes adulte, vous attendez juste que ça passe en prenant de la hauteur. Vous ressentirez même de la peine pour lui quand vous vous exercez à faire cela. Par contre, n’essayez pas d’apaiser votre ennemi adulte, il risquerait de s’énerver encore plus, comme les enfants mais en pire.

Coupez court à ce qui est en train de se passer

 

Dès que vous le sentez, coupez brusquement la parole à votre ennemi par un : ” Oh!” aspiré, “Mince!” ou équivalent. Il va s’arrêter net, en se demandant ce qui se passe. Là vous annoncez une urgence que vous avez totalement oublié : “J’ai totalement zappé le rendez-vous chez le médecin !”, ou “j’ai totalement oublié d’aller chercher mes enfants!” ou équivalent. Oui, vous mentez pour fuir, sur un élan véritable mais construit. Vous partez en courant brutalement, vous laissez tomber la scène en cours comme si c’était une activité quelconque qui n’a plus aucune valeur pour vous. Pas besoin de saluer votre ennemi, vous détalez, vous privilégiez autre chose de plus important, point. N’oubliez pas de prendre vos affaires au passage si vous en aviez. C’est une technique redoutable qui laisse votre ennemi dans l’impossibilité de faire quoi que ce soit, car vous ne le choisissez plus par rapport à d’autres personnes ou activités : vous ne lui accordez plus de pouvoir.

Le Zen est l’art de ne pas créer de tension

Il est utile parfois d’appliquer les 3 outils précédents au cours d’un seul face à face. Et parfois, seuls un ou deux suffiront.

Grâce à ces secrets (outils), vous allez désamorcer un conflit manipulateur ou agressif en face à face qui va forcément dégénérer. Un conflit mal géré avec des personnalités difficiles n’aboutit à rien de simple sur le long terme. Le secret est de changer d’énergie, couper court ou fuir. Souvent, l’ennemi sent qu’il n’a aucune prise sur vous quand vous appliquez ces outils. Il arrêtera de vous insulter, parfois de lui-même, quand vous êtes en train de l’imaginer en train de faire caca, ou comme un petit enfant. Parce que vous changez d’énergie, il sent qu’il ne peut plus vous intimider, manipuler. Il sent que vous êtes au-dessus de ça, que vous n’êtes plus vraiment concerné. Et là, vous gagnez en Zen.

Le Zen, ce n’est pas que des méditations et attitudes exotiques. C’est surtout un art de vivre, un état d’esprit, une façon de faire. Savoir comment éviter un conflit face à face est la base même du Zen : en réalité, vous apprenez à arrêter d’être en conflit avec vous-même en déjouant vos propres pièges émotionnels. Vous allez choisir consciemment de ne pas vivre de conflit, et vous entraînez votre esprit à défocaliser, à imaginer autre chose, et d’entrer en action immédiatement pour manifester la sérénité. Si l’ennemi continue à être en conflit avec vous sur la durée de mille autres façons pernicieuses, c’est son problème. Vous avez tous les moyens pour ne pas lui donner d’importance sur le long terme, si vous ne lui en donnez pas lors des moments de tension urgentes.

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Cet article participe à l’évènement “3 habitudes indispensables pour être zen au quotidien” du blog Habitudes Zen.

J’apprécie beaucoup ce blog, n’hésitez pas à parcourir tous ses articles!